Contrôle RGIE d’une borne de recharge en Belgique : quand, par qui et quoi garder
À retenir
Avant la mise en usage d’une borne, faites réaliser le contrôle de conformité par un organisme agréé et gardez le rapport avec le dossier de l’installation : l’organisme n’en conserve une copie que cinq ans.
Pour qui : propriétaires, gestionnaires de copropriété et exploitants de bornes en Belgique.
Vous installez une borne de recharge en Belgique, ou vous en reprenez une, et on vous parle du « contrôle RGIE ». Le RGIE est le Règlement général sur les installations électriques. Ce guide reprend ce que le SPF Économie et le Moniteur belge publient sur le contrôle d’une borne, présenté comme tel, et signale ce que nous n’avons pas pu vérifier.
Ce que le RGIE impose avant la mise en usage
Le RGIE a été approuvé par l’arrêté royal du 8 septembre 2019 et s’applique depuis le 1er juin 2020 ; son livre 1 traite des installations à basse et très basse tension. Sur ses pages dédiées, le SPF Économie écrit que le contrôle d’une installation électrique par un organisme agréé est obligatoire dans trois cas : avant la mise en usage, lors de toute modification ou extension importante, et périodiquement.
Pour une installation nouvelle ou une modification importante, la FAQ du SPF Économie précise que si le contrôle relève des infractions, la mise en usage n’est pas autorisée : elles doivent être corrigées avant un nouveau contrôle. Les modifications mineures, comme l’ajout d’une prise sur un circuit existant, n’exigent pas de contrôle de conformité préalable pour une installation non domestique, mais la documentation doit être mise à jour.
Domestique ou non domestique : une distinction qui compte
Le RGIE définit une installation domestique comme une installation dans une unité d’habitation, ou dans un lieu qui ne fait pas partie d’un régime de copropriété et qui est destiné à un usage privatif. Les parties communes et les locaux techniques d’un ensemble résidentiel, ainsi que toute autre installation, sont non domestiques. Le SPF Économie cite les parkings parmi les parties communes.
- Installation domestique : après un premier contrôle de conformité, contrôle périodique tous les vingt-cinq ans.
- Installation non domestique : visite périodique tous les cinq ans pour la plupart des installations, chaque année pour certaines installations mobiles, en zone explosive ou à haute tension.
Une borne alimentée depuis les parties communes d’une copropriété relève donc, d’après ces définitions, du régime non domestique. Pour une borne dans un parking de copropriété, voyez aussi notre guide sur les décisions de l’assemblée générale (/blog/borne-recharge-copropriete-belgique). Dans tous les cas, demandez à l’organisme comment il qualifie votre installation.
Ce que fixe le chapitre 7.22 pour les bornes
L’arrêté royal du 10 juillet 2022, publié au Moniteur belge le 16 août 2022, a inséré dans le livre 1 un chapitre 7.22 sur l’alimentation des véhicules routiers électriques. Il entre en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa publication, soit le 1er novembre 2022. Il vise les bornes de charge fixes conductives. La recharge par une prise de courant standard, en modes 1 et 2, reste soumise aux règles générales.
- Chaque point de connexion a son propre circuit dédié. Il est interdit de connecter une borne de charge à une installation fixe au moyen d’une prise de courant.
- Contre les contacts indirects, la protection par coupure automatique impose, en courant alternatif, un dispositif différentiel de 30 mA au plus, et le schéma de mise à la terre TN-C est interdit pour le circuit dédié. La détection des courants continus de défaut doit être assurée, par exemple avec un différentiel de type B, ou de type A associé à une détection de 6 mA en courant continu.
- Chaque circuit dédié a une protection adaptée contre les surintensités.
- Une borne installée à ciel ouvert a un indice de protection d’au moins IP44. Dans un bâtiment, un arrêt d’urgence est requis, sauf dans un logement unique.
- Les points de connexion sont placés aussi près que possible de l’emplacement de stationnement.
Ces exigences se lisent avec la notice de la borne et relèvent de l’installateur : elles ne sont pas des gestes à faire soi-même. Notre guide sur le différentiel en détaille la logique (/blog/differentiel-type-a-type-b-borne-recharge).
Ce que vérifie le contrôle de conformité
Les pages du SPF Économie parlent d’un contrôle de conformité au RGIE sans détailler les points vérifiés. Pour une borne, le chapitre 7.22 constitue le référentiel des exigences propres à la recharge. Le détail des vérifications, qui comprend des mesures sur l’installation, appartient à l’organisme agréé : ne cherchez pas à les reproduire, n’ouvrez ni la borne ni le tableau et ne réarmez aucune protection pour « préparer » la visite.
Pour les installations qui existent déjà, l’arrêté prévoit des règles transitoires : une borne dont l’installation a commencé avant son entrée en vigueur reste sous le livre 1 hors chapitre 7.22. Une borne existante adaptée au chapitre 7.22 est considérée comme ayant subi une modification importante et doit passer un nouveau contrôle de conformité avant sa mise en usage.
L’organisme agréé et son rapport
Le ministre de l’Énergie agrée les organismes de contrôle pour cinq ans renouvelables, et ils doivent être accrédités selon la norme NBN EN ISO/IEC 17020 par BELAC ou un organisme équivalent de l’Espace économique européen. Le SPF Économie publie la liste en PDF. Après chaque contrôle, l’organisme remet un rapport, écrit ou électronique, au propriétaire, au gestionnaire ou à l’exploitant, et en garde une copie cinq ans.
Pour une modification importante d’une installation à basse ou très basse tension, le contrôle peut être réalisé dans les trente jours qui suivent la mise en usage si des raisons impératives d’exploitation le justifient. La mise en usage anticipée se fait alors sous l’entière responsabilité du propriétaire, du gestionnaire ou de l’exploitant. Ne la considérez pas comme une pratique normale.
Ce qu’il faut garder
- Le rapport de contrôle de l’organisme agréé, dans votre exemplaire : l’organisme n’en conserve une copie que cinq ans.
- Le dossier de l’installation : schémas unifilaires et plans de position visés par l’organisme, rapports de contrôle, brèves descriptions des modifications mineures et documentation technique du matériel.
- La notice de la borne, sa référence et la date de mise en usage.
- Le nom de l’organisme et l’indication, dans son rapport, de l’application ou non du chapitre 7.22 pour les projets en cours au moment de l’entrée en vigueur.
Pour des installations professionnelles, le Code du bien-être au travail ajoute d’autres contrôles, que le SPF Économie ne détaille pas sur ces pages. La page du SPF Économie sur les installations non domestiques liste aussi un arrêté royal du 6 octobre 2025 (livres 1 et 2) et un arrêté royal du 20 juillet 2026 (livre 3) : nous n’en avons pas relu le contenu, et vous devez vérifier la version en vigueur du RGIE.
Pour choisir qui installe, distinguez la formation d’une personne, la qualification de l’entreprise et l’habilitation électrique, qui est la reconnaissance par l’employeur de la capacité d’une personne à accomplir en sécurité les tâches confiées, selon l’INRS. Qualifelec est une référence française qui présente séparément ces notions : ce n’est pas un agrément belge.
Questions fréquentes
Une borne de recharge doit-elle être contrôlée en Belgique avant sa mise en usage ?
Le SPF Économie indique qu’une installation électrique nouvelle, ou modifiée ou étendue de façon importante, doit faire l’objet d’un contrôle de conformité par un organisme agréé avant sa mise en usage. L’ajout d’un circuit au tableau est cité en exemple, et une borne demande un circuit dédié. Confirmez votre cas avec l’installateur et l’organisme.
Qui réalise le contrôle d’une borne ?
Un organisme de contrôle agréé par le ministre de l’Énergie et accrédité pour cette activité. Le SPF Économie publie la liste de ces organismes. Demandez à votre installateur lequel intervient sur le chantier, puis conservez le rapport qui vous est remis avec le dossier de l’installation.
Combien de temps faut-il garder le rapport de contrôle ?
Selon le SPF Économie, l’organisme de contrôle conserve une copie du rapport pendant cinq ans seulement. Le propriétaire, le gestionnaire ou l’exploitant doit donc garder son propre exemplaire, avec les schémas et les documents de l’installation, pour les contrôles suivants et pour une vente.
Le contrôle est-il le même pour une borne en copropriété ?
Le SPF Économie classe les parties communes et les locaux techniques d’un ensemble résidentiel, parkings compris, parmi les installations non domestiques, dont la visite périodique est plus rapprochée que celle d’une installation domestique. Demandez à l’organisme comment il qualifie votre installation avant la mise en usage.
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Sources et périmètre
Références consultées le 1 novembre 2026. Les méthodes d’organisation proposées par ChargeTeam ne constituent pas une certification.
- SPF Économie : contrôle des installations électriques domestiques
Contrôle obligatoire avant la mise en usage, lors de toute modification ou extension importante et périodiquement, par un organisme de contrôle (page mise à jour le 11 août 2026 selon sa mention). Ne mentionne pas les bornes.
- SPF Économie : contrôle des installations électriques non domestiques
Mêmes obligations pour les installations non domestiques, rapport remis au propriétaire, gestionnaire ou exploitant, copie conservée cinq ans par l’organisme, contrôle possible dans les trente jours après la mise en usage pour raisons impératives d’exploitation (page mise à jour le 11 août 2026). Ne mentionne pas les bornes.
- SPF Économie : types de contrôle des installations électriques domestiques
Contrôle de conformité avant la mise en usage (ajout d’un circuit au tableau cité en exemple de modification importante) et contrôle périodique tous les vingt-cinq ans après un premier contrôle de conformité.
- SPF Économie : types de contrôle des installations électriques non domestiques
Contrôle de conformité avant la mise en usage et visite périodique, annuelle pour certaines installations (mobiles, zones explosives, haute tension) et tous les cinq ans pour les autres.
- SPF Économie : organismes de contrôle agréés
Agrément du ministre de l’Énergie pour cinq ans renouvelables et accréditation à la norme NBN EN ISO/IEC 17020 par BELAC ou un organisme équivalent. La liste elle-même est publiée en PDF et n’a pas été relue ici.
- SPF Économie : livre 1 du RGIE et vente d’une unité d’habitation (FAQ)
Définitions d’installation domestique et non domestique (parties communes et locaux techniques d’un ensemble résidentiel classés non domestiques), contenu du dossier d’installation, date d’application du RGIE (arrêté du 8 septembre 2019, applicable depuis le 1er juin 2020). Page mise à jour le 9 octobre 2026 selon sa mention ; ne parle pas des bornes.
- Moniteur belge du 16 août 2022 : arrêté royal du 10 juillet 2022 insérant le chapitre 7.22 dans le livre 1 du RGIE
Exigences pour les bornes de charge fixes conductives (circuit dédié, protection différentielle, indice de protection, arrêt d’urgence), entrée en vigueur et règles transitoires. Texte publié : les modifications ultérieures du RGIE n’y figurent pas.
- INRS : habilitation électrique
Rôle de l’employeur, compétences et habilitation adaptée aux opérations confiées.
- Qualifelec : qualification IRVE
Formations d’installation P1, P2, P3 et de maintenance MA1, MA2, MA3 présentées séparément ; indices IRVE1 à IRVE3 et IRVEMA1 à IRVEMA3 attribués aux entreprises.
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