Droit à la prise en copropriété : procédure, délais du syndic et qui paie
À retenir
Le syndic ne peut pas refuser sans motif sérieux et légitime. Pour contester votre projet, il doit saisir le tribunal dans les trois mois suivant votre courrier recommandé. Sans cette saisine, vous pouvez faire réaliser les travaux, à vos frais.
Pour qui : copropriétaires, locataires, conseils syndicaux et syndics.
Vous habitez en immeuble et souhaitez recharger votre voiture sur votre place de parking ? Le droit à la prise vous permet de faire installer une borne sans attendre un vote de la copropriété, mais selon une procédure écrite et des délais fixés par décret. Ce guide résume les textes consultés le 1er novembre 2026. Il ne remplace ni l’avis de votre syndic ni celui d’un juriste en cas de litige.
Ce que prévoit le droit à la prise
Le code de la construction et de l’habitation prévoit que le propriétaire d’un immeuble, ou en copropriété le syndicat représenté par le syndic, ne peut pas refuser l’équipement d’une place de stationnement sécurisée à usage privatif, sauf motif sérieux et légitime. La demande peut venir d’un locataire, d’un occupant de bonne foi ou d’un copropriétaire occupant. L’équipement doit permettre un comptage individualisé des consommations, et les travaux sont réalisés aux frais du demandeur.
Constituent notamment un motif sérieux et légitime une installation déjà en place, ou la décision de la copropriété de réaliser elle-même l’équipement dans un délai raisonnable. Une impossibilité technique est le motif cité par Enedis dans sa présentation de la démarche.
La procédure, étape par étape
- Demandez des propositions techniques et financières à plusieurs professionnels qualifiés IRVE, puis choisissez-en un.
- Notifiez votre projet par lettre recommandée avec avis de réception. Le décret prévoit de joindre un descriptif détaillé des travaux, un plan technique d’intervention et un schéma de raccordement électrique. Un copropriétaire occupant écrit au syndic. Un locataire écrit à son bailleur, avec copie au syndic, et le bailleur transmet les documents au syndic dans le mois.
- Notifiez de la même manière le nom, l’adresse et le téléphone du prestataire retenu. Pour un locataire, le bailleur les transmet au syndic dans les quinze jours.
- Le syndic conclut avec ce prestataire une convention qui fixe les conditions d’accès et d’intervention sur les parties communes. Le décret lui laisse deux mois à compter de la notification et précise qu’il n’a pas besoin de l’autorisation de l’assemblée générale pour la signer. Il doit aussi donner accès aux locaux techniques pour l’étude et le devis.
- Une fois le délai de contestation écoulé sans saisine du tribunal, les travaux peuvent être réalisés.
Les délais du syndic en un coup d’œil
- Trois mois : délai dont dispose le syndic, à compter de la notification, pour saisir le président du tribunal judiciaire s’il s’oppose au projet, sous peine de forclusion.
- Quinze jours : délai pour notifier cette saisine au demandeur.
- Deux mois : délai pour conclure la convention avec le prestataire. À défaut, le demandeur peut saisir le président du tribunal judiciaire pour faire fixer les conditions d’accès et d’intervention.
- Trois et six mois : si le syndicat s’oppose pour réaliser lui-même l’équipement, il doit engager les travaux dans les trois mois de la saisine et les achever dans les six mois. Sinon, vous pouvez faire réaliser les vôtres.
Le décret prévoit aussi que le syndic informe les copropriétaires du projet à la prochaine assemblée générale. Il s’agit d’une information, pas d’une autorisation.
Locataire, bailleur unique : ce qui change
Si l’immeuble n’est pas en copropriété, le locataire ou l’occupant de bonne foi notifie son projet au propriétaire, avec les mêmes pièces. Le propriétaire qui s’y oppose doit lui aussi saisir le président du tribunal judiciaire dans les trois mois, sous peine de forclusion, et notifier cette saisine dans les quinze jours. Enedis précise qu’un locataire d’un bailleur unique dispose également du droit à la prise.
Conservez les accusés de réception de vos courriers recommandés : ils datent le point de départ de chacun des délais. Comparez aussi plusieurs devis avant de notifier, car le descriptif des travaux et le schéma de raccordement doivent correspondre à l’offre du prestataire que vous retenez.
Qui paie quoi
Le demandeur supporte le matériel, le câblage et la pose. Selon Enedis, la copropriété n’a aucun frais à prendre en charge. La borne est généralement raccordée au compteur des services généraux, et le syndic refacture l’électricité consommée. Enedis déconseille en revanche de raccorder la borne au compteur de votre logement, pour des raisons de sécurité.
Les aides financières existantes, dont la prime ADVENIR pour une solution individuelle en immeuble, font l’objet de notre guide sur les aides 2026.
Si la copropriété préfère une infrastructure collective
Une infrastructure collective alimente toutes les places du parking au rythme des demandes. Deux solutions sont présentées par Qualifelec : un opérateur privé qui prend en charge les travaux collectifs, la pose des bornes individuelles et l’entretien dans le cadre d’un contrat de durée déterminée, ou le réseau public de distribution d’électricité déployé jusqu’à chaque place. Dans les deux cas, la loi Climat et Résilience a ouvert un préfinancement : l’opérateur ou le gestionnaire de réseau avance les frais, la copropriété n’a pas de reste à charge, et seuls les utilisateurs qui s’équipent remboursent, par exemple par un droit de connexion ou un abonnement.
Une telle infrastructure se vote en assemblée générale. Pour une solution sans frais pour la copropriété, la décision se prend à la majorité simple, et il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du délai de contestation de deux mois pour démarrer les travaux collectifs. Pour la solution du réseau public, le code de l’énergie prévoit une convention de 20 ans et une installation sans contrepartie financière pour le syndicat. Une fois l’infrastructure en place, le raccordement d’une place ne repasse pas en assemblée.
Si l’assemblée vote contre, votre droit à la prise subsiste. Si elle vote pour, relisez la convention de l’opérateur : durée, propriétaire des équipements, maintenance et conditions de reprise méritent d’être connus avant de vous abonner.
Après l’installation
En cas de panne, la réponse dépend de la propriété de la borne. Notre guide sur la panne de borne en copropriété détaille qui appeler et qui paie. Pour un dépannage près de chez vous, consultez les pages /depannage-borne-de-recharge par ville, et la page /panne qui explique quoi faire selon le symptôme observé.
Questions fréquentes
Combien de temps le syndic a-t-il pour répondre à une demande de droit à la prise ?
Le syndic qui souhaite s’opposer à votre projet doit saisir le président du tribunal judiciaire dans les trois mois suivant la notification, sous peine de forclusion. Il doit informer le demandeur de cette saisine dans les quinze jours. La convention avec le prestataire doit, elle, être conclue dans les deux mois suivant la notification de ses coordonnées.
Qui paie la borne installée au titre du droit à la prise ?
L’occupant qui demande l’installation : matériel, câblage et pose sont à sa charge. La copropriété n’a pas de frais à prendre en charge. L’électricité consommée est généralement refacturée par le syndic lorsque la borne est raccordée au compteur des services généraux.
Le syndic peut-il refuser la borne ?
Pas sans motif sérieux et légitime, par exemple une installation déjà en place ou la décision de la copropriété d’équiper elle-même le parking dans un délai raisonnable. Un refus doit se traduire par une saisine du tribunal dans les trois mois, pas par un simple courrier.
Faut-il un vote de l’assemblée générale pour exercer son droit à la prise ?
Non pour le droit à la prise individuel : le syndic peut signer la convention avec le prestataire sans autorisation de l’assemblée. Une infrastructure collective, elle, se vote en assemblée, à la majorité simple lorsqu’elle est proposée sans frais pour la copropriété.
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Sources et périmètre
Références consultées le 1 novembre 2026. Les méthodes d’organisation proposées par ChargeTeam ne constituent pas une certification.
- Légifrance : décret n° 2020-1720 du 24 décembre 2020
Articles R. 111-1 A à R. 111-1 D du code de la construction et de l’habitation : notification par lettre recommandée, pièces à joindre, délais de saisine du tribunal, convention avec le prestataire. Ne couvre pas les aides ni la qualification de l’installateur.
- Légifrance : code de la construction et de l’habitation, articles L. 113-16 et L. 113-17
Principe du droit d’équiper une place privative, motif sérieux et légitime, frais à la charge de l’occupant, accès aux locaux techniques, convention en immeuble collectif. Version affichée en vigueur au 1er novembre 2026.
- Enedis : comment exercer son droit à la prise
Présentation pratique de la démarche : devis de professionnels qualifiés IRVE, courrier recommandé au syndic, délai de contestation de trois mois.
- Enedis : qui paie quoi en copropriété
Absence de frais pour la copropriété en cas de droit à la prise, raccordement usuel sur le compteur des services généraux et refacturation de l’électricité par le syndic.
- Enedis : vote en assemblée générale et loi Climat et Résilience
Majorité simple et absence d’attente du délai de contestation de deux mois pour une solution collective sans reste à charge. Ne détaille pas le droit à la prise individuel.
- Qualifelec : bornes de recharge en immeuble
Deux solutions collectives (opérateur privé ou réseau public de distribution), préfinancement et remboursement par les seuls utilisateurs.
- Légifrance : code de l’énergie, infrastructure collective de recharge (D. 353-12 à R. 353-13-3)
Convention de raccordement de 20 ans avec le gestionnaire de réseau, installation sans contrepartie financière pour le propriétaire ou le syndicat. Ne concerne pas l’offre d’un opérateur privé.
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