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Se reconvertir technicien IRVE : par où commencer

2 juillet 2026·Équipe ChargeTeam·8 min de lecture

Le parc de bornes de recharge grossit vite, et les techniciens capables de les installer, de les raccorder et surtout de les dépanner manquent sur le terrain. Bonne nouvelle : ce métier n'exige pas de repartir de zéro. Si tu as déjà touché à l'électricité ou à la maintenance, une grande partie du chemin est faite. Cet article te donne une feuille de route claire : qui réussit dans l'IRVE, quelles formations viser, quelles habilitations décrocher, et à quoi ressemblent tes premières missions.

C'est quoi, vraiment, le métier de technicien IRVE ?

IRVE signifie Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques. Concrètement, tu interviens sur des bornes qui vont de la wallbox résidentielle en 7,4 kW à la station de charge rapide DC de plusieurs centaines de kW sur une aire d'autoroute. Ton quotidien mélange trois familles de missions : l'installation et le raccordement, la mise en service (configuration, tests, connexion au superviseur), et la maintenance corrective ou préventive quand une borne tombe en panne ou dérive.

Techniquement, tu manipules du courant alternatif (AC) et du courant continu (DC), tu branches des connecteurs Type 2 et CCS Combo, et tu échanges avec des superviseurs via le protocole OCPP. Tu croiseras des marques comme Alfen et Schneider en AC, ou Tritium, Kempower et ABB en charge rapide DC. Chaque constructeur a ses menus, ses codes défaut et ses procédures : une partie du métier consiste à apprendre à lire ces machines.

Les profils qui réussissent le mieux

Il n'y a pas un seul profil type, mais certains parcours prennent une longueur d'avance parce que les fondamentaux sont déjà là.

  • L'électricien du bâtiment ou tertiaire : tu maîtrises déjà le tableau, le dimensionnement des protections, le différentiel et la mise à la terre. L'IRVE, c'est ton métier avec une couche de spécialités en plus.
  • Le technicien de maintenance industrielle : tu es à l'aise avec le diagnostic, la lecture de schémas, le remplacement de cartes et les procédures de sécurité. Le dépannage de bornes va te parler tout de suite.
  • L'électrotechnicien ou l'ex-installateur télécom/CVC : tu as l'habitude du travail en autonomie, du câblage soigné et de la relation client sur site.
  • Le reconverti motivé venu d'un autre secteur : c'est possible, mais prévois un vrai socle électrique avant de viser les habilitations. Ne saute pas cette étape.

Le point commun de ceux qui percent : ils sont rigoureux sur la sécurité, méthodiques dans le diagnostic, et à l'aise pour expliquer une intervention à un client qui n'y connaît rien. La partie relationnelle compte autant que la technique.

Les habilitations électriques : le socle non négociable

Avant de parler IRVE, il faut parler NF C 18-510, la norme qui encadre les habilitations électriques. Sans elle, tu n'interviens pas légalement sous tension ni à proximité d'ouvrages électriques. C'est le premier passage obligé.

  • B1V / B2V : tu exécutes (B1V) ou tu diriges (B2V) des travaux en basse tension au voisinage de pièces sous tension. C'est le socle pour la plupart des interventions IRVE en AC.
  • BR : indispensable pour les interventions de dépannage et de mesure en basse tension, exactement ce que tu fais sur une borne en panne.
  • BC : la consignation, utile si tu dois mettre hors tension une installation avant travaux.
  • Pour la charge rapide DC de forte puissance, des compléments spécifiques peuvent être exigés selon l'installation et le donneur d'ordre.

Ces habilitations se préparent en quelques jours de formation, avec un recyclage périodique (en général tous les trois ans, à titre indicatif). C'est ton employeur ou toi-même qui délivres l'habilitation sur la base d'une formation validée : garde tes attestations à jour, on te les demandera avant chaque mission.

Les attestations IRVE : P1, P2, P3

En complément des habilitations électriques, une qualification IRVE dédiée structure ce que tu as le droit de faire sur les bornes. Elle se décline en trois niveaux, du plus simple au plus complexe.

  1. P1 : bornes en AC de puissance modérée (jusqu'à 22 kW environ), sans configuration avancée de supervision. Le point d'entrée pour un électricien qui démarre dans l'IRVE.
  2. P2 : bornes AC communicantes, configuration, mise en réseau et supervision via OCPP, gestion de charge. Le niveau qui ouvre le gros des missions terrain.
  3. P3 : charge rapide en courant continu (DC), haute puissance. Le niveau expert, celui des stations Tritium, Kempower ou ABB.

Conseil concret : ne cherche pas à tout empiler d'un coup. Vise P1 puis P2 pour accéder rapidement à un large volume de missions, et garde P3 pour quand tu auras de l'expérience sur la charge DC. On détaille chaque niveau dans notre article dédié aux habilitations IRVE.

Par où commencer, étape par étape

  1. Fais le point sur ton socle électrique. Si tu es électricien ou tech de maintenance, tu as déjà l'essentiel. Sinon, sécurise d'abord une base solide (CAP/BP électricité ou équivalent, expérience terrain).
  2. Passe ou remets à jour tes habilitations B1V/B2V/BR. C'est le prérequis à tout le reste.
  3. Suis une formation IRVE (P1 puis P2). Compte quelques jours par niveau selon l'organisme, souvent finançables via les dispositifs de formation professionnelle.
  4. Constitue ton kit : multimètre, pince ampèremétrique, contrôleur d'installation, EPI adaptés, et de quoi documenter tes interventions (photos avant/après).
  5. Cherche tes premières missions dans un cadre encadré, où un dispatcher te confie des interventions calibrées à ton niveau. C'est le meilleur moyen de monter en compétence sans te retrouver seul face à une station DC inconnue.

À quoi ressemblent tes premières missions

Au démarrage, tu resteras surtout sur de l'AC : installation de wallbox, remplacement de borne, remise en service après défaut différentiel, mise à jour de configuration OCPP, diagnostic d'un point de charge qui ne démarre pas. Ce sont des missions courtes, souvent bouclées dans la demi-journée, idéales pour prendre confiance.

  • Un déplacement sur site, avec un ordre de mission clair et l'historique de la borne.
  • Un diagnostic : lecture des codes défaut, mesures, vérification du raccordement et de la communication.
  • Une intervention : remplacement de pièce, reconfiguration, test de charge réel avec un véhicule ou une valise de test.
  • Un rapport : photos avant/après, relevé des mesures, statut de la borne remis au superviseur.

Côté rémunération, un réseau comme ChargeTeam s'appuie sur un barème indicatif de l'ordre de 60 € de déplacement et environ 60 €/h d'intervention. Ces montants sont donnés à titre indicatif et varient selon la mission, la zone et le type de borne : considère-les comme un repère, pas comme une grille figée.

Le vrai raccourci : ne pas rester seul

La reconversion se joue autant sur la formation que sur l'environnement. Débuter au sein d'un réseau te donne accès à des missions calibrées, à des retours d'expérience sur les marques que tu croiseras, et à un dispatch qui t'envoie les interventions correspondant à ton niveau du moment. Tu montes en compétence sur du concret, sans te disperser ni prendre de risques inutiles.

Si tu viens de l'électricité ou de la maintenance, tu es probablement à quelques semaines d'habilitations et de formation d'une première mission IRVE. La demande est là, partout en France et en Belgique. Le bon moment pour commencer, c'est maintenant.

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