Technicien IRVE en auto-entrepreneur : le guide
Tu es électricien ou technicien et tu veux intervenir sur des bornes de recharge à ton compte ? Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est souvent la porte d'entrée la plus simple pour démarrer une activité de maintenance ou d'installation IRVE. Simple ne veut pas dire sans règles : habilitations, assurances et cadre fiscal restent à respecter. Ce guide te donne l'essentiel, sans blabla.
Le statut : micro-entreprise, activité artisanale
En France, la maintenance et l'installation de bornes de recharge relèvent d'une activité artisanale (travaux d'installation électrique). À la création de ta micro-entreprise, tu déclares un code APE cohérent, généralement 43.21A (travaux d'installation électrique dans tous locaux). Tu t'inscris via le guichet unique de l'INPI, et l'immatriculation au Répertoire des métiers est requise pour une activité artisanale.
Le statut auto-entrepreneur te fait bénéficier du régime micro-social : tes cotisations sont un pourcentage de ton chiffre d'affaires encaissé. Pas de CA, pas de cotisations. C'est ce qui rend le lancement peu risqué, mais garde en tête les plafonds de chiffre d'affaires du régime micro : au-delà, tu bascules vers un régime réel.
Point important qui n'a rien à voir avec le statut : pour intervenir sur des bornes, il te faut les habilitations électriques à jour (B1V/B2V/BR, voire BC et H1V pour le DC) et la qualification IRVE P1, P2 ou P3 selon le type d'intervention. L'auto-entreprise ne dispense de rien sur le plan technique et réglementaire (norme NF C 18-510 pour les opérations, IEC 61851 pour l'infrastructure).
Les assurances : RC pro et décennale
C'est le point que trop de débutants négligent. Intervenir sur une installation électrique engage ta responsabilité. Deux couvertures sont à distinguer.
- Responsabilité civile professionnelle (RC pro) : elle couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de ton activité (matériel endommagé, préjudice au client). Elle est indispensable et souvent exigée par les donneurs d'ordre avant toute mission.
- Assurance décennale : pour les travaux qui touchent à l'ouvrage ou à des éléments d'équipement indissociables (installation de borne fixée au bâti, raccordement à l'installation électrique du site), la garantie décennale peut s'appliquer. Elle est obligatoire pour les travaux de construction relevant de cette responsabilité.
En pratique : la maintenance corrective simple (remplacement de module, mise à jour firmware, diagnostic) relève plutôt de la RC pro. L'installation neuve raccordée au bâti peut faire entrer la décennale dans le champ. Le plus sûr est de décrire précisément ton activité à ton assureur pour être couvert sur le bon périmètre. Ne te fie pas à une réponse orale : vérifie que ton attestation mentionne bien les travaux IRVE.
Une mission sans attestation d'assurance à jour, c'est une mission que tu ne devrais pas accepter. Les donneurs d'ordre sérieux la demandent, et c'est ta protection autant que la leur.
La TVA : franchise en base au démarrage
Au lancement, la plupart des auto-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA : tu ne factures pas de TVA et tu ne la récupères pas sur tes achats. Tes factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». C'est simple, mais cela veut aussi dire que tu ne récupères pas la TVA sur ton outillage ou ton véhicule.
Au-delà des seuils de franchise, tu deviens redevable de la TVA : tu la factures à tes clients et tu la déclares. Si tes donneurs d'ordre sont des professionnels (opérateurs de bornes, installateurs), la TVA leur est neutre puisqu'ils la récupèrent. Surveille tes seuils en cours d'année pour ne pas être pris de court, car le franchissement s'applique parfois en cours d'exercice.
La facturation : ce qu'une facture doit contenir
Chaque intervention doit donner lieu à une facture conforme. Les mentions obligatoires ne sont pas optionnelles, surtout face à des clients professionnels qui contrôlent leur comptabilité.
- Tes coordonnées (nom, adresse, SIREN) et celles du client.
- Numéro de facture unique et chronologique, date d'émission.
- Description précise de la prestation (type de borne, nature de l'intervention, site).
- Montant HT, mention de TVA (ou « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » en franchise).
- Conditions et délai de paiement, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € pour les clients professionnels.
Structure tes tarifs de façon lisible : forfait déplacement, temps d'intervention, pièces éventuelles. Quand tu travailles via un donneur d'ordre qui applique un bordereau de prix (BPU), c'est ce document qui cadre tes montants. À titre indicatif, un ordre de grandeur souvent rencontré tourne autour d'un forfait déplacement et d'un tarif horaire ; le BPU ChargeTeam se situe indicativement autour de 60 € de déplacement et 60 € de l'heure, mais ces montants varient selon la zone, le type de borne et la complexité. Rien n'est figé : vérifie toujours le tarif d'une mission avant de l'accepter.
Avantages et limites du statut
L'auto-entreprise est un excellent tremplin, mais elle a ses bornes (sans mauvais jeu de mots). Fais le point avant de t'engager.
- Avantages : création rapide et gratuite, comptabilité allégée, cotisations proportionnelles au CA, franchise de TVA au départ, idéal pour tester l'activité sans structure lourde.
- Limites : plafonds de chiffre d'affaires du régime micro, pas de déduction des charges réelles (outillage, véhicule, carburant), TVA non récupérable en franchise, protection sociale plus limitée qu'un salarié.
- À anticiper : si ton activité décolle et que tes frais deviennent importants, une EURL ou une SASU peut devenir plus avantageuse fiscalement. Ce n'est pas un échec, c'est une étape de croissance.
Cumuler auto-entreprise et salariat
Beaucoup de techniciens démarrent l'IRVE en indépendant tout en gardant leur emploi salarié. C'est parfaitement possible et souvent la meilleure façon de se lancer sans risque financier. Trois précautions.
- Vérifie ton contrat de travail : clause d'exclusivité ou de non-concurrence. Une activité qui concurrence ton employeur peut poser problème ; une activité complémentaire hors de son marché est généralement libre.
- Respecte ton obligation de loyauté : tes missions indépendantes se font en dehors de ton temps de travail et sans utiliser les moyens de ton employeur.
- Côté cotisations, tu cotises sur les deux activités. Ta couverture sociale principale reste celle du salariat, ce qui sécurise ton lancement.
Et en Belgique ?
Le statut d'auto-entrepreneur français n'existe pas tel quel en Belgique. L'équivalent le plus proche est l'indépendant à titre principal ou complémentaire, avec inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), affiliation à une caisse d'assurances sociales et, pour les activités électrotechniques, le respect des exigences d'accès à la profession et des règles du RGIE. Le cumul avec un emploi salarié se fait via le statut d'indépendant à titre complémentaire. Si tu interviens des deux côtés de la frontière, renseigne-toi sur les règles applicables à chaque pays avant de facturer.
En résumé : le statut auto-entrepreneur te permet de te lancer vite et sans risque, à condition de sécuriser tes habilitations, ton assurance et ta facturation. Le reste, c'est du terrain et des missions. C'est exactement ce que ChargeTeam met à disposition : des interventions IRVE près de chez toi, avec le tarif connu avant acceptation.
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