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Technicien IRVE en auto-entrepreneur : le guide

2 juillet 2026·Équipe ChargeTeam·8 min de lecture

À retenir

Le statut d’auto-entrepreneur est souvent la porte d’entrée pour intervenir à votre compte. Réglez le code d’activité, les assurances, la TVA et la facturation avant votre première mission : sans attestation d’assurance à jour, n’acceptez pas de mission.

Vous êtes électricien ou technicien et vous voulez intervenir sur des bornes de recharge à votre compte ? Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) est souvent la porte d'entrée la plus simple pour démarrer une activité de maintenance ou d'installation IRVE. Simple ne veut pas dire sans règles : habilitations, assurances et cadre fiscal restent à respecter. Ce guide vous donne l'essentiel, sans blabla.

Le statut : micro-entreprise, activité artisanale

En France, la maintenance et l'installation de bornes de recharge relèvent d'une activité artisanale (travaux d'installation électrique). À la création de votre micro-entreprise, vous déclarez un code APE cohérent, généralement 43.21A (travaux d'installation électrique dans tous locaux). Vous vous inscrivez via le guichet unique de l'INPI, qui transmet votre déclaration au Registre National des Entreprises (RNE) ; l'immatriculation y est requise pour une activité artisanale.

Le statut auto-entrepreneur vous fait bénéficier du régime micro-social : vos cotisations sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires encaissé. Pas de CA, pas de cotisations. C'est ce qui rend le lancement peu risqué, mais gardez en tête les plafonds de chiffre d'affaires du régime micro : au-delà, vous basculez vers un régime réel.

Point important qui n'a rien à voir avec le statut : pour intervenir sur des bornes, il vous faut les habilitations électriques à jour (B1V/B2V/BR, voire BC et H1V pour le DC) et la qualification IRVE P1, P2 ou P3 selon le type d'intervention. L'auto-entreprise ne dispense de rien sur le plan technique et réglementaire (norme NF C 18-510 pour les opérations, IEC 61851 pour l'infrastructure).

Les assurances : RC pro et décennale

C'est le point que trop de débutants négligent. Intervenir sur une installation électrique engage votre responsabilité. Deux couvertures sont à distinguer.

  • Responsabilité civile professionnelle (RC pro) : elle couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de votre activité (matériel endommagé, préjudice au client). Elle est indispensable et souvent exigée par les donneurs d'ordre avant toute mission.
  • Assurance décennale : pour les travaux qui touchent à l'ouvrage ou à des éléments d'équipement indissociables (installation de borne fixée au bâti, raccordement à l'installation électrique du site), la garantie décennale peut s'appliquer. Elle est obligatoire pour les travaux de construction relevant de cette responsabilité.

En pratique : la maintenance corrective simple (remplacement de module, mise à jour firmware, diagnostic) relève plutôt de la RC pro. L'installation neuve raccordée au bâti peut faire entrer la décennale dans le champ. Le plus sûr est de décrire précisément votre activité à votre assureur pour être couvert sur le bon périmètre. Ne vous fiez pas à une réponse orale : vérifiez que votre attestation mentionne bien les travaux IRVE.

Une mission sans attestation d'assurance à jour, c'est une mission que vous ne devriez pas accepter. Les donneurs d'ordre sérieux la demandent, et c'est votre protection autant que la leur.

La TVA : franchise en base au démarrage

Au lancement, la plupart des auto-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». C'est simple, mais cela veut aussi dire que vous ne récupérez pas la TVA sur votre outillage ou votre véhicule.

Au-delà des seuils de franchise, vous devenez redevable de la TVA : vous la facturez à vos clients et vous la déclarez. Si vos donneurs d'ordre sont des professionnels (opérateurs de bornes, installateurs), la TVA leur est neutre puisqu'ils la récupèrent. Surveillez vos seuils en cours d'année pour ne pas être pris de court, car le franchissement s'applique parfois en cours d'exercice.

La facturation : ce qu'une facture doit contenir

Chaque intervention doit donner lieu à une facture conforme. Les mentions obligatoires ne sont pas optionnelles, surtout face à des clients professionnels qui contrôlent leur comptabilité.

  1. Vos coordonnées (nom, adresse, SIREN) et celles du client.
  2. Numéro de facture unique et chronologique, date d'émission.
  3. Description précise de la prestation (type de borne, nature de l'intervention, site).
  4. Montant HT, mention de TVA (ou « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » en franchise).
  5. Conditions et délai de paiement, pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € pour les clients professionnels.

Structurez vos tarifs de façon lisible : forfait déplacement, temps d'intervention, pièces éventuelles. Quand vous travaillez via un donneur d'ordre qui applique un bordereau de prix (BPU), c'est ce document qui cadre vos montants. À titre indicatif, un ordre de grandeur souvent rencontré tourne autour d'un forfait déplacement et d'un tarif horaire ; le barème ChargeTeam est de 50 € de l'heure pour un auto-entrepreneur (60 € en société), plus un déplacement dès 30 € (20 premiers km inclus, puis 0,30 €/km aller-retour au-delà). Vérifiez toujours le montant d'une mission avant de l'accepter.

Avantages et limites du statut

L'auto-entreprise est un excellent tremplin, mais elle a ses bornes (sans mauvais jeu de mots). Faites le point avant de vous engager.

  • Avantages : création rapide et gratuite, comptabilité allégée, cotisations proportionnelles au CA, franchise de TVA au départ, idéal pour tester l'activité sans structure lourde.
  • Limites : plafonds de chiffre d'affaires du régime micro, pas de déduction des charges réelles (outillage, véhicule, carburant), TVA non récupérable en franchise, protection sociale plus limitée qu'un salarié.
  • À anticiper : si votre activité décolle et que vos frais deviennent importants, une EURL ou une SASU peut devenir plus avantageuse fiscalement. Ce n'est pas un échec, c'est une étape de croissance.

Cumuler auto-entreprise et salariat

Beaucoup de techniciens démarrent l'IRVE en indépendant tout en gardant leur emploi salarié. C'est parfaitement possible et souvent la meilleure façon de se lancer sans risque financier. Trois précautions.

  • Vérifiez votre contrat de travail : clause d'exclusivité ou de non-concurrence. Une activité qui concurrence votre employeur peut poser problème ; une activité complémentaire hors de son marché est généralement libre.
  • Respectez votre obligation de loyauté : vos missions indépendantes se font en dehors de votre temps de travail et sans utiliser les moyens de votre employeur.
  • Côté cotisations, vous cotisez sur les deux activités. Votre couverture sociale principale reste celle du salariat, ce qui sécurise votre lancement.

Et en Belgique ?

Le statut d'auto-entrepreneur français n'existe pas tel quel en Belgique. L'équivalent le plus proche est l'indépendant à titre principal ou complémentaire, avec inscription à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), affiliation à une caisse d'assurances sociales et, pour les activités électrotechniques, le respect des exigences d'accès à la profession et des règles du RGIE. Le cumul avec un emploi salarié se fait via le statut d'indépendant à titre complémentaire. Si vous intervenez des deux côtés de la frontière, renseignez-vous sur les règles applicables à chaque pays avant de facturer.

En résumé : le statut auto-entrepreneur vous permet de vous lancer vite et sans risque, à condition de sécuriser vos habilitations, votre assurance et votre facturation. Le reste, c'est du terrain et des missions. C'est exactement ce que ChargeTeam met à disposition : des interventions IRVE près de chez vous, avec un barème public et un paiement sous 7 jours après la validation de votre rapport.

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